“Par chance un roman n’a pas à dire la vérité, il peut bien plus que cela.”
Serge Joncour

Depuis que j’ai l’âge de lire, je porte en moi cette conviction que la vie tient autant de l’art que de la science. J’étais une petite fille sage qui jouait le rôle demandé, mais qui, derrière ce faux semblant, s’ennuyait terriblement. Alors je m’évadais en inventant des histoires et en lisant des romans.

Quand, en seconde humanité, mon professeur de français m’a fait découvrir « Un bonheur insoutenable » d’Ira Levin, ça m’a fait l’effet d’une bombe dans la tête. Les humains y étaient programmés pour être immunisés contre l’initiative et la curiosité, mais le héros allait bien sûr goûter aux sentiments interdits et s’engager dans une lutte contre ce bonheur insoutenable car imposé. Je me suis sentie comme lui, embrigadée dans un monde stéréotypé qui ne tournait pas à mon rythme. C’est comme si la porte de ma geôle s’était ouverte d’un coup. Avec  ce roman, je rentrais dans l’adolescence et m’insurgeais, en même temps, contre cet endormissement généralisé qui faisait de nous, selon moi, des moutons. Cette histoire qui prônait la différence et la liberté fut pour moi un détonateur.

Nous sommes tous à la recherche d’échos de ce que nous vivons ou éprouvons. Grâce à une histoire qui tombe entre nos mains au bon moment, notre vie parfois se révèle et prend tout son sens.

Depuis, j’ai grandi et ma vie de femme, de mère et de romancière a continué à me donner raison. En passant de l’autre côté de la barrière, j’ai réalisé combien mes lecteurs trouvaient dans mes histoires un moyen de voir le monde autrement, de les rassurer, de les secouer, de les faire réfléchir, rire, pleurer, de leur donner espoir parfois, comme je l’avais toujours ressenti avec mes  propres lectures.

Ça fonctionnait ! J’en ai déduit que les histoires avaient un réel pouvoir. Les enfants le savent bien, mais les adultes, dans leur souci d’être toujours sérieux, ont souvent tendance à l’oublier.

Sans histoire, tout est parfois un peu ardu, voire barbant, puis il manque une dimension, celle qui induit le rêve, l’espoir et l’émotion. Les histoires nous emportent avec elles, nous font comprendre par les tripes, nous font voir le monde sous un autre jour.

Lire des romans rend les gens plus heureux !

Ma certitude – d’ailleurs très largement partagée – a connu son paroxysme en 2014 avec la parution de mon septième roman Zebraska dont les héros sont HP.

Lorsque, sept ans plus tôt, mon fils, vif, curieux et anormalement solitaire fut détecté HP à l’âge de six ans, les initiales me sont tombées dessus comme un couperet ! Et il m’est apparu, plus que jamais, que les personnes à Haut Potentiel constituaient un véritable mystère, un sujet totalement altéré par ces clichés qui ont la vie dure.

L’idée m’est alors venue, pour mon roman suivant, d’aborder ce sujet avec le recul et la légèreté nécessaires au partage de ce syndrome étrange du « penser trop ».  Une distance qu’il m’était possible de prendre à travers la magie de la fiction.

J’avais envie non pas d’écrire un livre sur les HP, mais de créer une fiction où ils y seraient mêlés en tant que héros.

J’étais loin d’imaginer, lors de sa sortie, l’engouement qu’il connaîtrait auprès des personnes directement concernées par le Haut Potentiel (parents surtout, mais aussi adultes HP, enseignants et psychologues) que des novices en la matière. J’avais même, en soumettant le manuscrit à mon éditrice, évoqué le risque d’un roman « niche » qui ne toucherait qu’un petit nombre et dont nous devrions supporter le peu de ventes. Ensuite, c’est tout le contraire qui s’est produit. J’ai très vite été invitée à donner des conférences sur Zebraska. Mon idée principale était de convaincre le public du pouvoir des histoires, de cette manière qu’elles ont de toucher le lecteur dans son ressenti, de lui transmettre des idées et de susciter la réflexion. C’est particulièrement le cas pour la douance, un sujet délicat, sensible et subtil où le roman permet de donner une autre vision des choses, un autre point de vue, de l’espoir, du sourire à ceux qui savent, mais aussi de balayer les clichés auprès de ceux qui croient savoir et de sensibiliser, démystifier et faire comprendre auprès de ceux qui ne savent pas.

La fiction permet ce détachement nécessaire au partage. Quand nous lisons un témoignage, par exemple, nous ne faisons jamais que lire l’histoire d’un autre. Il reste toujours une barrière entre l’histoire et nous. Tel un voyeur autorisé, nous demeurons derrière la porte. Dans la fiction, comme l’auteur est libre, il a le droit d’adoucir, d’amplifier, de modifier afin de travestir son histoire et de la rendre appropriable par le lecteur. Dès qu’elle est entre les mains d’un lecteur, la fiction n’appartient plus à celui qui l’a écrite. Ce n’est pas le cas d’un témoignage. Mais, la fiction offre encore un autre avantage majeur, celui de fournir au lecteur, en plus de l’apprentissage, un divertissement, une intrigue qui rythme la lecture et la guide vers l’envie et le plaisir. Le roman est ludique car le lecteur en est un spectateur actif.

En France, on parle même d’utiliser la fiction comme moyen complémentaire (j’insiste sur complémentaire !) pour enseigner la médecine parce qu’il a été prouvé scientifiquement qu’elle possède pour le lecteur une capacité d’identification et de projection facilitant l’apprentissage.

Les témoignages des lecteurs en sont la plus belle preuve dont voici un très court extrait choisi :

J’ai fini votre Zebraska cette nuit et n’en sors pas indemne ! Il y a tout ce que j’aime dans cette écriture sensible et intelligente et, lorsque l’histoire s’achève, je me sens à la fois vide et remplie de quelque chose d’indéfinissable…

On me demande souvent d’où me viennent mes idées d’histoires. Elles ne viennent pas ! Elles m’entourent, tout est sujet à histoires, il me suffit de les cueillir, de les travestir, de leur choisir des personnages afin de les véhiculer. Ces personnages deviennent alors presque vivants. Travailler avec des héros HP fut pour moi un véritable délice ! Avec leurs différences, leurs sensibilités, leurs excès, leurs souffrances, ils sont un matériau rêvé pour créer de superbes héros… ou antihéros, cela dépend des chapitres !

Zebraska – Isabelle Bary – Éditions Luce Wilquin
Information sur Zebraska et sur l’auteure: www.isabellebary.be

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