Lors de la soirée de clôture du 3° Congrès Virtuel de la Douance, la place des femmes a été évoquée. Ceci a été l’occasion pour moi d’évoquer Leta Stetter Hollingworth, dont les travaux ont été pionniers dans le domaine du surdon.

Leta Stetter Hollingworth a eu une enfance difficile et heurtée, à la fin du 19° siècle, dans un État reculé des Etats-Unis (le Nebraska).

Les études ont été son refuge et elle a entamé un cursus en journalisme avant de bifurquer vers la psychologie. Pour son doctorat, elle a choisi de démonter un préjugé sur l’incapacité des femmes à être autre chose que médiocres (elle s’est même opposée frontalement à son directeur de thèse au départ fervent défenseur de ce préjugé… pour finir par le convaincre de changer de point de vue).

Elle a ensuite été attachée à un institut qui s’occupait d’attardés mentaux (auxquels elle faisait passer des tests d’intelligence – que Binet avait créé une dizaine d’années auparavant).

Ce travail d’analyse en profondeur lui a permis de comprendre le poids de l’environnement dans l’expression de l’intelligence : nombre d’enfants qu’elle suivait, présentés comme attardés, étaient en fait d’intelligence parfaitement normale, mais avaient connu une vie tellement heurtée qu’ils s’étaient repliés sur eux-mêmes, donnant tous les signes d’un manque d’intelligence.

Dès 1916, 5 ans avant Lewis Terman (et ses fameux termites) elle a entamé une recherche sur les enfants surdoués, et tout particulièrement les très doués (ceux qui se retrouvent à l’extrémité droite de la courbe de Gauss, minorités statistiques quasi invisibles – et leurs difficultés de même).

Terman était en Californie et elle à New-York – ils ne se sont jamais rencontrés mais connaissaient leurs travaux respectifs et s’estimaient. Néanmoins, Terman et Hollingworth ont toujours profondément divergé sur un point essentiel : Terman était convaincu que le surdon était seulement génétique, tandis qu’Hollingworth insistait sur l’importance de l’environnement dans l’expression des capacités génétiques. (80 ans plus tard, Françoys Gagné allait même plus tard en évoquant en plus le facteur chance dans l’expression du surdon développé en talent !).

C’est à Leta Hollingworth que l’on doit en anglais le terme « Gifted », doué en français.

Mais alors, pourquoi ne connaît-on que Terman et pas Hollingworth ? Le génie de l’un et de l’autre n’est pas en cause, mais bien plutôt, l’« environnement », les circonstances, plus exactement.

Terman a choisi ses 1.500 termites parmi 250.000 enfants, il était épaulé par l’Université de Stanford en Californie. À New-York, Hollingworth a mené une étude très confidentielle sur une soixantaine d’enfants très hautement surdoués, sans vrais moyens malgré le fait qu’elle était attachée à l’Université de Columbia.

Hollingworth est morte à l’âge de 53 ans, juste avant que n’éclate la Seconde Guerre Mondiale. Personne n’a repris ses travaux, publiés par son mari pendant la guerre.

Terman est mort à la fin des années 50, ayant régulièrement publié ses travaux et son équipe a continué à suivre la cohorte des termites, la dernière parution des données de suivi datant de 1994. Ce sont ces travaux, aussi largement biaisés que publiés (près de 2.000 pages d’analyses !) et utilisés par les chercheurs du monde entier, qui ont contribué à forger une image masculine, blanche, aisée et faite de réussite académique des surdoués.

… Cela dit, ne parlez que de Leta Hollingworth et Lewis Terman c’est encore perpétuer une certaine image socialement conforme. Car, dans les années 30, des chercheurs afro-américains se sont aussi penchés sur le surdon dans les minorités ethniques. Mais ceci est une autre histoire…

Article écrit par Cécile Bost, oratrice des congrès 2016 et 2017, table ronde 2018

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